Notes en quiz : qu'est-ce que c'est et comment faire
« Notes en quiz », ce n'est pas un produit précis. L'expression sert à désigner deux choses différentes : des notes rédigées pour que tu puisses t'interroger dessus plus tard, et la fonction de certaines applis de révision qui transforme une page de cours en questions. Dans les deux cas, le geste de fond est le même : prendre une matière qui se lit et en faire une matière qui te demande quelque chose.
La distinction compte, parce que les deux ne te demandent pas le même travail. Écrire des notes en quiz, c'est une habitude de prise de notes. Utiliser une fonction « notes en quiz », c'est une étape de conversion que tu lances sur des notes que tu as déjà. Cet article couvre les deux, en commençant par la version que tu peux faire aujourd'hui avec les feuilles qui sont déjà dans ton sac.
Ce que le terme veut dire
| Usage | Ce que ça désigne | Ce que tu fais |
|---|---|---|
| Notes en quiz (l'habitude) | Des notes écrites sous forme de questions au lieu d'affirmations | Tu changes ta façon d'écrire, pendant ou après le cours |
| Notes en quiz (la fonction) | Une fonction d'appli qui génère des questions à partir de tes notes | Tu fournis des notes existantes, tu relis ce qui sort |
| Notes en quiz (la recherche) | Des étudiants qui cherchent à s'interroger sur leur propre matière | L'un ou l'autre |
La plupart des gens qui tapent cette expression veulent la troisième ligne. Ils ont des notes, ils ont un partiel ou une épreuve de concours dans trois semaines, et relire les notes ne donne rien. Cet instinct est le bon, et il a plusieurs décennies de recherche derrière lui.
Pourquoi s'interroger bat la relecture
Les expériences de Henry Roediger et Jeffrey Karpicke, publiées en 2006, sont la référence habituelle sur le sujet. Des étudiants lisaient des textes, puis soit les relisaient, soit passaient un test de rappel. Sur un test immédiat, la relecture semblait meilleure. Une semaine plus tard, le résultat s'inversait nettement : ceux qui avaient été testés se souvenaient de nettement plus de choses que ceux qui avaient relu. Le fait d'aller chercher une information dans sa mémoire change la solidité avec laquelle elle y reste.
La revue de Dunlosky et ses collègues, en 2013, a passé au crible dix techniques de révision. Le test de rappel figure parmi les deux seules classées en utilité élevée, toutes matières, tous supports et tous âges confondus. Le surlignage et la relecture, c'est-à-dire exactement ce que fait la majorité des étudiants, se retrouvent dans le groupe à faible utilité.
Donc la raison de fabriquer des notes en quiz n'est pas que les quiz donnent une impression de travail plus sérieux. C'est que le rappel et la relecture produisent deux mémoires différentes, et qu'une seule des deux survit à la semaine.
Transformer ses notes en quiz : 5 étapes
1. Choisis un bloc délimité
Un cours, un chapitre, une série de pages manuscrites. Pas tout le semestre. Un bloc que tu peux traiter en dix minutes, c'est un bloc que tu ouvriras vraiment. Les banques de questions couvrant toute l'année se construisent une fois et ne se rouvrent jamais.
2. Repère les affirmations testables
Relis et marque chaque phrase qui affirme quelque chose de précis : une définition, une cause, une date, un mécanisme, une formule, une distinction entre deux notions voisines. Laisse de côté les transitions et les phrases de cadrage. Une page de notes donne en général entre cinq et quinze affirmations réelles, c'est-à-dire beaucoup moins que ce que la page a l'air de contenir.
3. Transforme chaque affirmation en question à réponse défendable
« La mitochondrie produit de l'ATP par phosphorylation oxydative » devient « Comment la mitochondrie produit-elle de l'ATP ? ». Le test : est-ce que quelqu'un qui te corrige pourrait dire oui ou non sans discuter ? Si ta question admet trois réponses différentes et qu'elles sont toutes acceptables, tu as écrit un sujet de dissertation, pas une question de quiz.
Varie les formats. Le QCM teste la reconnaissance, c'est ce qui se simule le plus facilement. Le rappel libre, où tu écris la réponse à partir de rien, est plus dur et travaille davantage. Un mélange des deux vaut mieux que l'un des deux seul, et transformer ses notes en QCM a ses propres pièges, qui méritent d'être connus avant de s'y mettre.
4. Réponds à froid, plus tard
Pas juste après les avoir écrites. Juste après, tu testes ta mémoire des dix dernières minutes, ce qui ne t'apprend rien. Attends au moins quelques heures, idéalement un jour. Écris tes réponses avant de vérifier. L'écart entre ce que tu croyais savoir et ce que tu as réellement produit, c'est toute l'information.
5. Remets en file ce que tu as raté
Les questions ratées reviennent demain. Les questions réussies attendent plus longtemps. Pas besoin de logiciel pour ça : trois tas de feuilles, ou trois dossiers, suffisent. Ce qui compte, c'est que les mauvaises réponses reviennent plus vite que les bonnes. C'est la même logique que derrière le fait de transformer ses notes en examen blanc plutôt qu'en révision unique.
Si tu préfères ne pas écrire les questions toi-même
L'étape 3 est la partie lente. Écrire trente bonnes questions à partir d'un chapitre prend un temps réel, et pour beaucoup de gens, c'est précisément ce temps qui fait que la méthode ne démarre jamais.
C'est ce que les applis dotées d'une fonction « notes en quiz » automatisent. Tu donnes les notes, elles renvoient des questions. Plusieurs outils font ça, et ils diffèrent surtout par ce que tu dois leur fournir : certains veulent du texte tapé, d'autres acceptent des photos d'écriture manuscrite, d'autres attendent un fichier. Les outils qui valent la comparaison sont traités à part, parce que le bon choix dépend de la forme sous laquelle sont tes notes.
Qora prend des photos de pages, des enregistrements vocaux ou du texte tapé, et renvoie une courte leçon découpée en sections plus des questions construites à partir de cette matière, la photo et l'audio étant traités sur l'appareil plutôt qu'envoyés à un serveur. Il produit des QCM, des textes à trous, des réponses rédigées et des questions de rappel ouvert à partir de ce que tu lui as donné. C'est utile quand tes notes sont manuscrites et que les retaper est justement l'obstacle.
Quelle que soit la voie choisie, lis les questions générées avant d'y répondre. Un générateur qui travaille sur un paragraphe confus produit une question confuse, et y répondre t'apprend la confusion au lieu de la corriger.
Là où les notes en quiz ne servent à rien
Elles sont faibles pour tout ce qui n'est pas du rappel. Si l'épreuve te demande de rédiger une démonstration, de mener un dosage ou de construire une argumentation, des questions sur les composants ne t'y emmèneront pas. Il faut faire la chose, plusieurs fois, et des questions sur les étapes sont au mieux un échauffement.
Elles échouent aussi quand tes notes sont fausses ou trop maigres. Un quiz construit à partir de mauvaises notes teste de mauvaises informations avec une efficacité remarquable, et tu retiendras la version fausse mieux que si tu ne t'étais jamais interrogé. Si tu as raté la moitié du cours, répare les notes d'abord.
Enfin, c'est une mauvaise première approche d'une notion vraiment nouvelle. Si tu n'as jamais rencontré le concept, te le faire demander ne produit rien d'autre qu'une frustration vide. Lis une fois pour comprendre, puis interroge-toi. L'ordre compte plus qu'on ne le croit.
Questions fréquentes
« Notes en quiz » et flashcards, c'est pareil ?
Surtout une question de format et d'étendue. Les flashcards sont un type de note en quiz, courtes et appariées, et elles marchent bien pour le vocabulaire, les formules et les définitions. Les notes en quiz au sens large incluent des questions plus longues, qui te demandent d'expliquer un mécanisme ou de comparer deux notions, et qui ne tiennent pas sur une face de carte. Si ta matière est surtout du terme et définition, faire des flashcards à partir de tes notes est l'outil le plus simple.
Je peux utiliser mes notes telles quelles, sans rien réécrire ?
Oui, à condition de pouvoir les cacher. Pose une feuille sur la page, découvre un titre à la fois, et dis à voix haute ce qui vient dessous avant de regarder. C'est de l'interrogation sans aucun travail de conversion. C'est moins précis que des questions écrites, parce que tu te corriges avec indulgence, mais ça ne coûte rien à démarrer et ça vaut mieux que relire.
Combien de questions pour un cours ?
En général entre dix et vingt-cinq, selon la densité. Si tu en génères soixante à partir d'un seul cours, tu es probablement en train de tester des détails anecdotiques en même temps que le fond. Si tu en génères quatre, tu sautes sans doute des affirmations qui tomberont à l'épreuve. Vise les questions qu'on pourrait plausiblement te poser.
Vaut-il mieux s'interroger seul ou à deux ?
Les deux marchent, et ils attrapent des problèmes différents. Seul, tu contrôles le rythme et tu peux remettre correctement en file ce que tu rates. À deux, tu te fais reprendre quand ta réponse est vague, ce que l'auto-correction ne fait presque jamais. Si tu as un binôme de révision, réserve-le aux questions dont tu crois déjà connaître la réponse.
La version pratique de tout ça est plus modeste qu'elle en a l'air : prends un bloc de notes, trouve les dix phrases qui affirment vraiment quelque chose, écris-les sous forme de questions, et réponds-y demain sans regarder. Ce seul cycle t'en dira plus sur ce que tu sais qu'une heure de relecture. Que tu écrives les questions toi-même ou qu'une appli les génère à partir de tes pages est une affaire de temps, pas de méthode, et c'est la méthode qui fait le travail.